Impacts de la crise sur le monde de l’IT
Ces derniers mois, l’économie a connu une forte récession à cause de la crise financière. Les marchés boursiers se sont effondrés, les crédits (et par conséquent les investissements) ont été gelés, les employés des plus grands organismes ramassent leurs cartons à tours de bras. Une crise comme on n’en a pas connue depuis bien longtemps.
Certains citeront l’explosion de la bulle en 2001. Effectivement, on pourrait y comparer cette crise, en apparence, mais plus intrinsèquement, il n’y a que peu de similitudes.
La majeure différence est que la source de l’explosion de la bulle venait d’une surévaluation des start-ups et de leur rendement financier, ce qui conduisit à un ralentissement des investissements, voire au retrait des capitaux dans certains cas. Il était évident que les modèles ne suivaient pas. Seules les entreprises ayant un modèle économique solide, basé sur une activité liée à des produits, à une industrie ou des services à valeur ajoutée y ont survécu. Les premières start-up à en faire le frais furent celles proposant des services.
La crise que l’on connait aujourd’hui provient du monde de la finance. Les positions volatiles associées aux subprimes ont entraîné l’effondrement d’organismes financiers majeurs. De ce fait, les crédits ont été gelés et un sentiment de doute (comprendre manque de confiance) s’est installé sur le marché.
Bien évidemment, comme lors de la première crise, les start-ups n’ayant pas de business model solide, et en particulier, celles basant le leur sur les revenus publicitaires, seront les premières à en pâtir. Il n’y a qu’à voir la vague de licenciements. Les grands groupes IT ont remarqué une baisse d’activité mais jusque là peu significative. Cependant nombre d’entre eux (pour ne citer que Microsoft, Accenture, EMC, Oracle ou IBM) ont fait d’excellents résultats ce trimestre.
Les projets IT ne devraient être, à priori, que très peu impactés.
L’IT s’inscrit désormais dans la stratégie de l’entreprise, elle leur permet de gagner un avantage compétitif face à des concurrents nouveaux, émergeant en particulier de pays tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil auxquels ils doivent faire face, comme le dit si bien Mark Sanborn:
Your success in life isn’t based on your ability to simply change. It is based on your ability to change faster than your competition, customers and business.
D’autre part, pour sécuriser l’économie et favoriser la concurrence, un certain nombre de normes de régulation sont désormais imposées (SOX, Bâle II, IAS/IFRS), diverses industries connaissent de nouvelles ouvertures de marchés, et les entreprises sont vouées à s’y conformer. Ces projets s’inscrivent donc au cœur de la stratégie de croissance de l’entreprise et ne sont plus simplement un « support » opérationnel tel que l’on pouvait le connaître auparavant. De ce fait, malgré le gel des crédits, ces projets seront dotés du budget nécessaire pour les faire aboutir.
Autre facteur déterminant : l’intervention des gouvernements et des banques centrales à travers des injections de capitaux et des rachats partiels des crédits et organismes en difficulté. Cette mesure devrait permettre au marché de se stabiliser dans un premier temps puis de se reprendre à moyen terme. On observe dès aujourd’hui des rebonds réguliers des différentes places de marchés (s’alternant certes avec des baisses dues à une crainte de récession économique). De ce fait, le regain de confiance devrait bientôt (fin du premier semestre 2009) être rétabli et les institutions financières débloqueront les flux interbancaires nécessaires aux crédits.
Même si l’on remarque une perte de vitesse sur les troisième et quatrième trimestres 2008, cette dernière s’effectuera essentiellement sur les opérations de ventes de licences ou de démarrage de projets non stratégiques. Ce afin de préserver un minimum de liquidité dans les caisses des entreprises. Les projets en cours ou déjà budgétisés ne devraient être que légèrement impactés, exception faite des entreprises dont l’activité est directement touchée par la crise à court terme. Ceci devrait permettre aux entreprises informatiques de mener leurs activités jusqu’à la clôture 2008 sur la base des contrats en cours. Le frein d’activité devrait apparaître fin décembre et début 2009, ces derniers étant fortement liés à la signature des nouveaux contrats sur le troisième trimestre 2008.
Les résultats des activités de l’année 2008 devraient être déterminants. Plus significatifs que le troisième trimestre, qui est par essence un trimestre « calme » à cause des périodes estivales, les résultats du quatrième trimestre permettront aux entreprises de définir jusqu’à quel point leur activité a été touchée par la crise. Dans le cas d’un regain de confiance, le second trimestre 2009 devrait permettre de reprendre une activité normale.























